Sortie fosse Meyzieux par Gilles et Jean Philippe !

« 6h15 du mat’, j’ai des frissons, le réveil sonne, j’augmente le son, iI fait nuit noire, on est samedi. Pourquoi diable nous sommes nous inscrits à cette sortie à la fosse de Meyzieu !

Pourtant hier soir, après la séance du vendredi soir, nous savions que ce serait dur, un samedi matin de ne pas faire la grasse matinée. Et malgré tout, nous avons accepté, fous que nous sommes…

Bon il faut sortir du lit bien chaud, déjeuner, renfiler le maillot encore humide de hier soir. Direction le club. RV à 7h20 pour un départ à 7h30. Katia a oublié son certificat médical, son époux sera chargé de l’amener en mode Chronopost. Laurent et Arielle arrivent à 7h29… même pas en retard, mais Arielle, elle aussi, fait le coup du certificat médical. Donc finalement la troupe s’ébranle à 7h40 et nous partons, tous les apprentis N1 dans la camionnette de Katia. Dès que nous sommes sur l’autoroute, nous voyons tout de suite que, même avec le pied à fond sur l’accélérateur, ce foutu véhicule ne dépassera querarement les 130km/h, sauf dans les descentes. Dans les montées, Jean-Philippe, Catherine, Quentin et moi-même pédalons tous pour aider Katia à réussir à suivre Vincent.

Sortie à Chanas pour pêcher Olivier et Jacky, qui nous attendent depuis 20mn (et oui, entre les arrivées tardives à Tain des différents protagonistes et les livraisons en express des certificats médicaux, nous sommes un peu en retard)

Olivier prend le volant. Nous tentons de partir du péage avec la porte arrière ouverte (pas de perte de sac, ouf !) Olivier tente de forcer la barrière de péage qui ne s’ouvre pas assez vite à son goût. Reste du trajet sans problème.images

Nous voici au Centre Nautique de Meyzieu à 8h50. Vite, vite, il faut entrer, se changer. Rapide briefing dans les douches, les groupes sont formés : 1 à 2 élèves avec les encadrants. Olivier et moi sommes avec Laurent. Delphine sera la Directrice de plongée.

C’est ensuite la « ruée » vers les shorty, les blocs, les stabs, chacun revenant triomphant avec son matériel. On gréé les blocs et, plouf, dans l’eau à 30 degrés de la fosse. Très court passage dans le premier bassin à 6m, on se dirige directement vers la fenêtre qui permet d’accéder au graal : la fosse de 20m. C’est un bel univers tout bleu, avec sur le liner les profondeurs inscrites (d’ailleurs, pourquoi il y avait d’abord 6m, alors que la suite de l’échelle des profondeurs allait de 5 en 5 ?) La descente se passe bien, en compensant régulièrement. Après quelques instants d’adaptation (on est rarement sous 2 bars de pression relative) nous prenons confiance et commençons à profiter de l’endroit, de la beauté des milliers de bulles qui montent au-dessus de nous. Katia et Jean-Philippe sont avec nous au fond, avec Daniel qui les encadre. Tout le monde est bien, tant mieux. La fosse est bien plus agréable que celle de Claix, il y a de la place. Par contre, pas la trace d’un poisson, de corail, d’étoile de mer ou même de nudibranches. La prochaine fois, on cherchera mieux !

Nous remontons un peu, puis redescendons. D’autres groupes descendent à leur tour, nous leur laissons bien volontiers la place. Valérie et Laurent doivent maintenant échanger leurs groupes, mais Valérie ne peut pas encore lâcher le sien, car Quentin a eu quelques problèmes avec ses oreilles pour descendre à 6m. Nous redescendons donc nous stabiliser vers 10m (plutôt pour essayer, car si on quitte un repère visuel, on se retrouve très vite 2 mètres au dessus ou 2 mètres en dessous)

Enfin, Catherine et Quentin nous remplacent et nous faisons nos exercices dans le bassin de 6m avec Valérie. Vidage de masque, retrait de détendeur, signes… Dans l’exercice de manque d’air, je me rends alors compte que mon détendeur n’avait pas d’octopus… Je ne peux donc sauver Valérie, c’est Olivier qui s’en charge et évite qu’elle finisse ici son existence, privée d’air.

Il est déjà 9h55, il faut sortir et à nouveau, vite, vite, rendre le matériel (on met où les blocs vides ? Y’a une étiquette! répond le cerbère de service : c’est vrai, elle est très visible  à condition de ne pas mesurer plus de  1 mètre…) Le groupe de 10h commence à arriver, nous évacuons les lieux. Vestiaire et sortie : débriefing de la séance pour chaque palanquée : points forts, points faibles. Nous sommes tous ravis, tout le monde est allé en bas, bravo aux élèves (petits et grands) et merci aux encadrants (Florence, Valérie, Laurent et Daniel) qui nous ont aidé et rassuré. Merci aussi à Delphine grâce à qui cette sortie a pu être organisée.

Tout ceci se termine, non pas autour d’un feu de camp avec des sangliers rôtis, mais comme d’habitude autour d’une boisson et de pains au chocolat, pogne, gâteau à (zut, désolé Vincent, je ne me souviens pas à quoi était ton gâteau, mais il était excellent)…

Nous embarquons à 11h dans la camionnette, toujours les mêmes 7 élèves N1, toujours avec le petit moteur, pied au plancher. Olivier et Jacky sont déposés à Chanas, Quentin à l’entrée de Tain et arrivons au CSTT à 12h15.

Très bonne sortie, très bonne ambiance au cours du trajet et au centre nautique. Finalement, ça valait le coup de se lever si tôt ce matin, on reviendra !

Jean-Philippe, ton loto de l’école  s’est bien passé ? »

Gilles

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Tac…Tac…

Tiens,  c’était quoi ce bruit, complètement inhabituel ? Un claquement ? Un frottement ? Je dois être trop près de la paroi : mon bloc tape. Je me retourne. Et ce que je vois, ce n’est pas la paroi, distante de plus d’un mètre, mais les énormes inscriptions écrites dessus : 10. Je suis à 10 mètres, seulement 10 mètres, pile poil au milieu de la fosse ! Il y a encore 5 secondes, j’étais persuadé d’en avoir descendu plus des trois quarts ! Le fond paraissait si proche ! Il va donc falloir produire autant d’efforts, sinon  plus, pour arriver en bas !

Jusqu’ici, la descente se passait correctement : le saut droit réussi, l’équilibre à peu près correct, la pression dans les oreilles maîtrisée… Je n’étais pas très serein en entrant dans la fosse, mais je me contentais de regarder Daniel, mon guide et Katia, mon binôme. Arrivé à cette inscription, je commence vraiment à stresser.  D’autant que le « tac tac » reprend. Je respire moins bien.  Le fond semble soudainement s’éloigner. Un coup d’œil là-haut m’angoisse un peu plus : l’ouverture, lointaine elle aussi, devient déjà étroite ! Je me sens prisonnier au milieu de la fosse.

« Tac tac ». Est-ce mon cœur que j’entends ? Il bat peut-être la chamade mais le bruit des bulles est trop fort pour percevoir  régulièrement la pulsation.  J’essaie machinalement de poser la main gauche sur ma poitrine. Mais la stab m’empêche évidemment de sentir les battements. Je tente de porter la main droite au cou. Mes doigts se prennent dans la purge haute. L’équipement m’oppresse. Le temps s’allonge. Je sens que je ne pourrai pas atteindre les 20 mètres. Du coin de l’œil, j’aperçois l’inscription 15. C’est interminable ! L’angoisse augmente mille fois plus vite que  la profondeur ! Je sais gérer mon stress en surface, mais sous l’eau, c’est l’inconnu. Et cet inconnu me fait peur ! « J’ai peur de paniquer » ! Je sens que ma respiration est mauvaise ; je me rappelle qu’on a parlé d’essoufflement, à l’entraînement, mais j’ai oublié les signes précis, et surtout les gestes à adopter ; « tac tac », tout devient confus, je n’ose même pas regarder mes mains, de peur de les voir trembler, j’ai envie de «prendre l’air », les prochains décimètres seront de trop … STOP !

Je fais un signe à Daniel, qui se rapproche immédiatement.  Mon regard doit parler : je devine qu’il a compris ma peur. Il m’aide à respirer plus calmement. Ça va mieux. On reste un moment à 16 mètres. Daniel me demande si  je peux reprendre la descente. J’aimerais rester encore quelques minutes à cette profondeur, mais je risque de ne plus pouvoir bouger. Je me fais violence et on repart. En quelques secondes, on est en bas : on se pose ! Ouf ! Je jette un coup d’œil vers le haut. Les bulles mettent un temps infini à remonter : c’est loin 20 mètres ! A la surface, quelqu’un a dû faire une mauvaise blague, en bouchant l’entrée de la fosse, qui m’apparaît toute petite ! Je préfère fixer le sol et la grille au fond de l’eau…

En nageant, la tension tombe et je contrôle de nouveau mes émotions. Je me mets sur le dos. C’est vrai que c’est beau : la lumière bleutée, la clarté de l’eau, les bulles présentes par centaines ou par milliers, tout ça dans un concert de « blup blup »… La sensation est vraiment étonnante. Les repères spatiaux se brouillent agréablement. Il n’y a plus de haut/bas, gauche/droite : la fosse pourrait être un tunnel, dont l’ouverture n’est plus en haut mais devant. Seules les bulles, en partant à la surface, rappellent la verticalité.

Déjà, il faut remonter. Arrivé à 6 mètres, on change de guide et Florence prend le relai. Elle me demande où en est ma consommation : je suis tombé à 40 ! Elle est surprise : elle ne sait pas que j’ai avalé des litres d’air pendant mon moment de panique ! Je lui expliquerai en remontant. Ou plutôt, je lui enverrai un compte-rendu par mail…  »

Jean Philippe.

(Depuis 20 ans de moments subaquatiques partagés au sein du CSTT, il est de tradition qu’un des plongeurs donne ses impressions dans un p’tit récit de la sortie ;Voir Rubrique « vie du club » et « carnets de plongée » ; Aujourd’hui c’est Gilles et Jean Philippe, merci !).