Les nouvelles aventures de Jean-Philippe :-)

En ce samedi 12 mars, nos encadrants, dans leur grande mansuétude, nous ont accordé une grasse matinée bien méritée : ça n’est qu’à 6 heures pétantes que nous nous retrouvons au local de Tain, pour un départ programmé à 6H15.

Le confortable Espace de Gilles et Catherine avale les kilomètres. Le trajet semble d’autant plus court que les blagues (sur l’autochtone Mauricien et le chocolat Valrhona) s’enchaînent. L’arrivée à Saint-Cyr se conclut joyeusement par le célèbre et lancinant refrain « Ça fait rire les oiseaux, oooooooh oh » © Compagnie Créole.

Comme à chaque sortie, l’excitation gagne en intensité lorsque les sacs de matériel s’entassent devant le club de plongée et que nos silhouettes de touristes se transforment en hommes-grenouilles. Rapidement, je me rends compte que j’ai oublié mon maillot de bain ! Nu dans le shorty, c’est bien aussi…

La météo est excellente, la mer est calme. Je vais pouvoir goûter à une plongée plus reposante que celle du mois de septembre, qui s’était terminée par un malaise. Tous les voyants sont au vert.

Toutefois, j’encaisse un premier coup dur sur le bateau. Le politburo du club, présidé par Big Brother Fabrice, a décidé de casser ma relation privilégiée avec Sylvie : je vais plonger avec Marc et Johnny. Je ferai même partie d’une palanquée 100% virile, puisque c’est Vincent qui nous dirige – reste à savoir ce qu’est une palanquée virile…

Les dernières minutes avant l’arrivée sur le site sont stressantes : j’ai besoin de me concentrer pour oublier que je serai bientôt à 20 mètres sous l’eau, au milieu des poissons, avec un bloc gonflé à 200 kilos sur le dos. On ne se refait pas…

Deuxième coup dur : la mer d’huile, à la sortie du port, a laissé place à une houle bien formée. Plus on s’approche du site et plus le roulis joue avec nos tripes. A croire que le nom « l’île verte » a été donné en hommage à nos teints qui n’ont plus la même fraîcheur que sur le quai. Je ne maîtrise déjà plus mes gestes, je ne retrouve plus les gants prêtés par Johnny quelques minutes auparavant. Après le très long speech du DP, Vincent devine que mon estomac ne va pas tarder à rendre son contenu et me demande de sauter : je m’équiperai dans l’eau. Sans les gants, le bide à l’envers, harcelé par les oiseaux qui font « oooooh oooh », la plongée s’annonce plus périlleuse que prévu. J’espère descendre rapidement, pour ne plus faire le yoyo dans la houle. Marc a du mal à passer les premiers mètres, gêné par une douleur aux oreilles. Je me sens patraque ; mes premiers coups de palme me laissent sur place. « Comment on fait déjà ? Il faut palmer, surtout pas pédaler ». Rien à faire, je n’avance pas. Tout s’embrouille. Je ne comprends tout simplement pas qu’il y a du courant ! Arrivé au fond, j’ai toujours la nausée. Je chasse le souvenir de mes soirées étudiantes, en partie passées à vomir sur/sous les tables, dans les jardins/rues/lit. Je NE VEUX PAS tenter un vomi sous l’eau. De l’acidité vient me piquer la gorge. Et « les oiseaux qui font  Oooooooh oh ! ». STOP !

Je réussis (un peu) à me ressaisir. Ouf.

On progresse lentement, contre le courant. Les gants me manquent, mais le froid est supportable. Je suis perturbé par la palanquée à quatre : je n’ai pas les repères habituels. A vouloir regarder Marc, Johnny et Vincent, je ne vois plus personne. On croise une autre palanquée. Je n’ai pas toute ma lucidité et manque de suivre l’autre guide ! J’ai le moral au fond des chaussons, lorsque je me rappelle que, depuis toujours, je suis sujet au mal de mer. Comment ai-je pu oublier ce détail ô combien important, le jour de mon inscription au CSTT ?

Soudain, Vincent nous fait le signe de fin de plongée. Il sort son parachute. « Ah oui, on a fait ça en piscine, il y a quelques semaines. Ça doit être un exercice. » Je ne comprends décidément rien ; cela fait 30 minutes que l’on est sous l’eau et il est temps de remonter ! Le retour à la surface est très lent. On doit lutter contre le courant tout en maîtrisant notre vitesse. C’est d’autant plus laborieux que la nausée n’est pas complètement partie. On perce. Je vois le bateau. Je me sens mal. J’ai envie de vomir. J’enlève le détendeur, mais je ne réussi pas à quitter la cagoule. « De quel côté est la fermeture éclair, déjà ? » Vincent me vient en aide. Je me mets sur le dos… et offre les restes de mon petit déjeuner à Mer Nature Méditerranée. En voilà une nouvelle expérience ! Vomir sur le dos, en mer ! C’est franchement éprouvant. Johnny ne m’a pas vu. Et il s’étonne de voir passer d’étranges éléments marins au goût acide !

=> C’est donc ça, une palanquée virile : on se vomit dessus !

Le retour sur le bateau est difficile pour presque tout le monde. Le mal de mer fait des dégâts. Je snobe tous les conseils et me mets en position d’escargot : en boule, les yeux fermés, avec ces foutus oiseaux dans la tête.

Une fois au local, je tente de récupérer. Je sens que ce sera long. La plongée de l’après-midi est déjà compromise… Le facétieux Fabrice retrouve les gants de Johnny… dans son sac ! C’est un souci de moins. Manque de chance, entretemps, j’ai perdu les chaussons prêtés la veille par Véronique, à l’entraînement (j’ai oublié les miens, à la Vesse, à l’automne) ! Ah bravo. Je suis devenu le Petit Poucet des temps modernes, à déposer mes « cailloux » en néoprène dans tous les clubs où je passe… Le pique-nique sera très léger me concernant : diète totale. C’est le seul remède que je connaisse. Je me demande comment je vais expliquer à Véronique que j’ai perdu ses chaussons et fais définitivement une croix sur la plongée de l’après-midi.

A 14 heures, on se retrouve à 3, avec Johnny et Raphaël qui ont des soucis avec leurs oreilles, à regarder partir le bateau. Notre équipe de bras cassés part à la recherche d’un bar. Je commande un peu malgré moi une bière. La première gorgée passe très mal. Et… miracle, la deuxième a un effet instantané ! Je ne suis plus barbouillé, j’ai même faim ! Youpi ! C’est décidé, la prochaine fois, je garde une bouteille fraîche sur le bateau !

Une deuxième commande plus tard, nous revenons accueillir nos grenouilles. Tout le monde est content. Le miracle se prolonge en vidant les vestiaires : je retrouve les chaussons de Véronique, restés sagement sous un sac !

Mais l’heure est déjà au retour. Après la traditionnelle photo de fin de journée, qui fut, reconnaissons-le, éprouvante pour beaucoup, nous reprenons les voitures. L’ambiance est nettement plus calme qu’à l’aller. J’en profite pour me fixer sereinement deux objectifs, pour la prochaine sortie : revenir frais et guilleret ET ne rien perdre dans les vestiaires ou voiture ou dans l’eau. Ambitieux…

Pour l’anecdote, le deuxième objectif a déjà pris du plomb dans l’aile : la semaine dernière, j’ai oublié mes palmes à l’entraînement…

Jean-Phi