Carnet de plongée sur le Messerschmitt : une plongée dans l’histoire

Le 7 mars 1944, le capitaine Hans Fahrenberger décolle de Marignane à bord de son chasseur Messerschmitt pour intercepter un groupe de bombardiers Américains, accompagné d’un autre chasseur.

Les 2 avions volent au large de Marseille. Quand le pilote voit les avions alliés, il se place dos au soleil de cette fin d’hiver afin que les mitrailleurs ennemis ne le voient qu’au dernier moment. Concentré sur ses commandes il pique sur le groupe d’avions  et ouvre le feu de son canon de 30 mm placé dans l’hélice. Quand soudain son moteur cale, riposte ennemie, panne moteur ??? Il faut réagir vite, décrocher de l’attaque, retourner à Marseille, mais l’avion chute, en dessous c’est le bleu immense de la mer.

Fahrenberger aperçoit l’îlot du Planier en dessous, la seule solution est de contrôler l’appareil et tenter d’amérir, la mer est calme, le temps est au beau.

L’avion s’écrase dans une gerbe d’écume, l’hélice est arrachée, le pilote n’a que le temps d’ouvrir la verrière du poste de pilotage.

Le Messerschmitt coule à pic. Dans un réflexe de survie, le pilote allemand déclenche son parachute et crée une bulle d’air qui le ramène à la surface.Il est choqué mais vivant, l’eau glacée lui fait reprendre ses réflexes et il peut nager jusqu’au phare tout proche où il est recueilli par les gardiens.

Une vedette de la marine Allemande le récupérera le lendemain.

En 2001 c’est un vieux monsieur qui reviendra sur les traces de son naufrage, son avion est toujours là à 45 m de fond colonisé par la mer et ses habitants.

Presque 70 ans plus tard, c’est avec Romain que nous plongeons sur cette pièce de musée et pour l’amateur d’histoire que je suis, je peux allier mes 2 passions.

Après une belle traversée jusqu’au Planier, Jean jette l’ancre à 200 m de l’épave.

Son briefing est clair : s’immerger sous le bateau, suivre le pain de sucre jusqu’à 25 m environ, trouver un premier plateau, direction plein Nord, trouver la cheminée aux gorgones et progresser en palmage pendant 2 minutes au fond sur le sable.

Il faut faire vite, on est à 45 mètres et chaque minute compte si on veut rester un peu sur l’épave.

Ça y est, il apparaît, renversé sur le dos, la queue brisée, il ne reste qu’un morceau d’hélice, mais le canon de 30mm est bien visible.

L’épave est petite (8 m de long) et le tour est très vite fait, des dizaines d’anthias volent au-dessus des ailes, une murène obèse enfouie dans la carlingue ouvre sa gueule, un homard gigantesque toutes pinces dehors garde la queue de l’appareil, pas question d’y mettre les doigts…

On espère un mola mola, c’est un peu tôt en saison, hélas il ne viendra pas.

Les 15 minutes prévues au fond sont déjà terminées, pourquoi l’azote nous pollue t’il autant ? Les 8 minutes de palier sont bien affichées aux ordi et la DTR de 12 aussi.

Je fais signe à Romain de rentrer, on remonte en pleine eau vers 30 m afin d’éviter de charger au retour et direction le magnifique tombant pour attaquer notre déco.

On laisse l’avion à sa tombe marine.

Retour sur le zodiac après 41 minutes de plaisir et un voyage dans le temps.

Tout le monde est hilare sur le bateau, visiblement ce fut une belle matinée.

OLIVIER.