30 novembre et 1er décembre 2013 – Week-end CODEP pour JP qui prépare son niveau 4

Bon, on est arrivé la veille. Du coup on dort plus tard le matin avant d’attaquer… et ça c’est bien.

Nous voilà donc réunis devant Azur Sport, notre amphitryon pour tous les week-end de formation. C’est moins festif qu’une sortie club et l’on sent une légère tension dans le groupe. Le briefing de bienvenue des monos à ce premier week-end de stage ne soulage pas beaucoup les silences. Il n’y en a pas beaucoup pour faire le malin.

Nous embarquons sur notre fier gonflable jaune. Tic et Tac les rois de la tek nous tiennent compagnie. Direction « Les rosiers » au large de La Ciotat. Ca fait une bonne traversée et le vent d’est est à son aise et bien installé, il rafraichi encore un peu plus l’ambiance.

On plaisante un peu pour se donner du courage en attendant que Tic et Tac se mettent à l’eau. Le vent ne faibli pas, la procédure tek est longue à mettre en place et peu compatible avec le refroidissement qui envahie les stagiaires en humide. Un mano lâche. Nous sommes tous déconfis de voir Tac se battre avec le fuyant cadrant. Cela retarde encore leur mise à l’eau donc la notre. A 15 degrés, le bain va être une vrai soupe salvatrice car la nécrose commence à attaquer les extrémités des plus faibles, une épidémie diurétique s’abat sur le groupe et c’est transis que quelques-uns uns vont se soulager dans la brise.

Du coup, la solidarité se met à l’œuvre et chacun cherche dans son sac là un ruban de téflon, un joint torique mâchouillé ou encore un bout de ficelle pour réparer ce put… de mano pour que cette andouille… de Tac puisse enfin déguerpir avec son acolyte qu’on puisse y aller.

Ils se décident enfin et dans la foulée, on ne demande pas notre reste. C’est une bande de schtroumfs qui descend sur les rosiers, ça fait plutôt joli le bleu roi sur le vieux rose.

Au programme de cette première, le sauvetage à 40 suivie de la gestion de la déco et de la fin de plongée (le parachute, le palier, tout ça quoi). Je suis seul avec Jean-Luc et ses 70 bars. Et oui, c’est une séance avec handicap, mon mono type F2 n’a pas contrôlé son gonflage en partant. « Il va falloir faire fissa » qu’il me dit. Ni une ni deux, allégé qu’il est de son air, on décolle de 33 (pas le temps d’aller voir le mérou à 38), je le satellise, on double toutes nos bulles sans exception et on perce. Petit canard dynamique pour redescendre récupérer nos sinus et avoir un peu d’eau sur la tête pour continuer l’exercice. Quand je vous dis qu’on n’était pas très en forme au départ. En sortant, Jean-Luc un peu étourdi et paré de ses 6 bars résiduels, me dira gentiment « c’était un peu rapide, mais la prise et le décollage était bons, pour le reste on apprend de ces erreurs… ». Il est vraiment sympa Jean-Luc, léger mais sympa. Le lendemain, il viendra même me voir pour me demander comment j’ai passé la deuxième 40 du week-end. Tout DP qu’il était pour le week-end, il a eu peut-être craint pour la sphère ORL de son collègue Jean-Michel qui a pris le relais ?

L’après-midi, guère mieux. Découverte de la RSE qu’ils appellent ça. En fait c’est là que tu mesures le chemin qu’il va falloir parcourir. La fatigue, le froid ou le stress, la maladresse, le manque de technique ou le réglage du lest font qu’il manque 5 mètres de remontée et 15 secondes d’apnée. Dur, mon narcissisme en prend un coup.

On se consolera le soir avec un bon bourguignon. Il faut reconnaître que coté bouffe ça assure un max. Cela compense l’organisation spartiate d’Azur Sport. Elle va quand même manquer la douche chaude du midi quand on sait qu’on va passer l’hiver là.

Dimanche matin, juste après mâtine, on est prêts et là c’est le rêve. Le ciel est dégagé et la mer calme. C’est mort pour le kite surf mais idéal pour la séance du matin : apnée à 10 mètres et sauvetage à 40. L’apnée… il y en a qui ont déjà révisé ou quoi ? Il y a même Fabrice qui se la joue esthétique et qui descend en dauphin, super peinard, à la remonté il règle au passage le masque de Joël qui fait la sécu à cinq mètres. Moi qui m’étais dit que pour commencer on allait faire tous ensemble quelques menus réglages et y aller progressivement et voir si ça passe la prochaine fois, c’est raté. Si je ne veux pas avoir l’air d’un Tac en déroute de manomètre, je n’ai pas le choix. Va falloir que ça passe.

Ce sera moins joli, voir même nettement bourrin… mais ça va passer. Yes ! Mes oreilles vont faire les frais du style mais cela m’aidera pour la 40. Elles vont y craqueler puissance dix à la remontée. Du coup, plus besoin des bulles pour régler la vitesse, j’ai tout fait aux décibels et ça a plutôt bien marché. Faut dire que Jean-Michel c’est pas le même gabarit que Jean-Luc. Jean-Michel, c’est plus franc comme gabarit, t’a moins le doute sur la quantité d’air à mettre dans la stab pour décoller.

L’après-midi, idem que la veille, peu d’évolution de la performance à la RSE mais au moins la tonicité et la vitesse sont callées. Reste à ne plus faire de fixette sur les 45 secondes d’apnée.

C’est en cours…j’ai fait une minute trente en statique dans ma voiture ce midi en allant chez mon psy !

JP