23 mars 2013 – Plongées tek à la Vesse

Le réveil et le chat.

5h00, 5h00… 5h00 !

Dans le regard de mon chat je lis l’incommensurable multiplicité des reproches de l’avoir réveillé si tôt. Elle (c’est une minette) dort sur mon lit. (Hé oui, j’ai gardé cette coupable habitude de faire de ma couche cette auberge espagnole où chacune peut y révéler ses nécessités et sa créativité dans une fusion charnelle d’esprits et du corps qui se parfait par l’explosion d’humeur et d’émotions révélant l’archaïsme impériosité d’assouvissement d’étreintes salvatrice de toute à chacune et qui donne ce sentiment de travail bien fait quand, repu, tu regardes s’enfoncer dans un sommeil mérité l’invitée.)
Le grognement (à la dite minette) dédaigneux de la versatilité de l’âme humaine quand je me lève (nezdanlec…ment) me rappelle celui de certaines, insupportée de se savoir délaissée par cette foutue addiction à la plongée.

La route.

Daniel est à l’heure au rendez-vous et on la taille vers La Vesse. L’avis de tempête de la semaine dernière est passé et Jean peut enfin démarrer sa saison.

Son antre est glacial (il fait froid aussi à la mer). Il a remis en route son compresseur mais pas la machine à café qui n’est pas en état, les douches chaudes non plus on s’en apercevra en fin de matinée. On s’installe pour le briefing de la journée. On est là pour de la technique, pour apprendre. Jean fait le point, explique, commente, raconte ce que l’on va faire et comment. 3/4 d’heure et pendant ce temps deux mordus font leur plein de nitrox, ils seront avec nous sur le bateau.

Celle du matin.

Il est jaune et spacieux. Ses cinq occupants sont à la fête, la houle d’un mètre cinquante, juste ce qu’il faut pour tenir notre concentration. Il ne nous manque que le soleil. Ce matin, l’isotherme est quasi à la surface. 9 degrés dans l’air, 12 annoncés dans l’eau. Le bateau nous mène sur « le Canyon de l’Éveline » (et non pas du Perez, Perez c’est une grotte qu’il a).

Descente dans le bleu à 20 mètres sur la marche que forme le Canyon. La visibilité est moyenne moins, idéale pour ce qu’on est venu faire. On n’est pas distrait par la faune. Jean nous perd 10 minutes et de nouveau descente dans le bleu, un peu plus foncé (et un peu plus joli à mon gout) de 20 à 40 mètres. On n’y travaille ce qu’on a à y faire. Puis les remontées assistées. Daniel fini par écouter ce qu’on lui dit et en effectue une propre avec arrêt à 15 mètres. Ils sont beaux à voir à l’ouvrage ces PN4. C’est mon tour, sur signe de détresse, je saisi. Pendant un coup de palme, je gonfle. On décolle, les bulles, j’équilibre une fois sur Jean, une fois sur moi, la vitesse est correcte. Archimède est complaisant aujourd’hui. A part la stabilisation à 5 mètres plus délicate (j’ai mal purgé Jean et mon 12 litre est à 30 bars) elle est enfin là cette p… de remonté. Tu vois Olive, nos efforts n’auront pas été vains. Les profils rien que pour toi.

JP

Parachute. Palier. On sort.

Surprise, nous sommes en dérivante sans le savoir. Le bateau non plus il est resté cruellement à son mouillage. On en profite pour valider un capelé type N 35 avec option multi-rinçage des fosses nasales pour gros rhume. J’avais oublié mon physiomer, Eole a assuré l’intérim.

On rejoint le bateau en 10 bonnes minutes en se rapprochant d’abord de la cote pour se mettre à l’abri du courant et pour avoir un repère visuel permettant un capelage arrière sans avoir besoin de se retourner en permanence. C’est LA bonne méthode pour pouvoir revenir au bateau. Une leçon de plus.

Pour la petite histoire, les nitroxiens dérivant eux aussi (mais encore plus que nous) sont sur le site d’à coté sans le savoir.  A leur sortie ils ont tenté, inconscients qu’ils sont, de valider le capelé du N 72. Restés dans le courant, les combis étanches les gênent, ils abandonnent et appellent le bateau. En vain. Le vent ne nous permet pas de les entendre et leur parachute n’est qu’une allumette dans la houle. Nous finissons par l’apercevoir, le temps de lever le mouillage, le parachute n’est plus visible et c’est pas loin de Gibraltar que nous les récupérons. Ils auront attendu 20 minutes en surface.

Celle de l’après-midi.

Le vestiaire, même s’il gagnent en espace manque furieusement de fille.  On se sent un peu seul avec Daniel. Les nitroxiens sont reparti tout marris de leurs aventures du matin.

Par contre sur le bateau, on fait des courses en palmes et des concours de jeté de détendeurs ou de « défesage » de lacets le plus vite (à non ça c’est réservé à  notre président pendant les soirées pizzas) tellement on a de la place. C’est tout essoufflés par nos jeux z’enfantins que nous arrivons à la calanque de Figuerolle (je sais pas qui c’est celui là) pour de très très intéressants ateliers à 20 mètres. Trop long par leur diversités à raconter. Je crains de te lasser lecteur, mais sache que notre profil ressemble plus à un électrocardiogramme qu’à l’idéal ffessmzien. Je ne résiste pourtant pas à te communiquer ce très ancien dicton atlante qui résume à merveille les nombreux apprentissages de notre journée :

Quand du monde abyssal tu sortiras,
tu seras le suivant du smarties rigoureux.

Du Puy la lentille deviendra,
ton essence dans l’entre deux.

A vue de l’éther tu pointeras du doigt
la tête d’épingle des heureux.

Ainsi sera ton guide sévère
si tu ne veux devant les dieux

Par dû de tes viscères
régler ton passage aux envieux.

Pour couronner le tout, le soleil nous fera un clin d’œil à notre sortie piédenézant l’avis de grand frais pour le soir même. Les douches seront enfin chaudes.

Rendez-vous pris pour une autre journée espérée la même le premier des cloches à François… premier aussi d’ailleurs.

JP

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