23 février 2013 – Plongée à l’Atelier de la mer

Nous sommes cinq grands fous (ou passionnés, appelez ça comme vous voulez…) ce samedi matin à 5h45 au club : Vincent, JP, Tonton, Daniel et moi.

La température extérieure est de –3°, un vent glacial souffle et il neigeote.

Destination Marseille, Pointe rouge, pour une journée de plongée.

Nous voilà partis sur l’autoroute du soleil…

La température à Montélimar est de –4°. A Lançon, elle est de –5°… Nous sommes nous trompés ?? Avons-nous pris la direction du nord ?? Non, pas d’erreur… Une idée me traverse alors l’esprit : Et si on faisait demi-tour ??? Non allé, courage…

Après avoir échappé à une barrière de péage récalcitrante due à une mauvaise utilisation du télépéage, nous arrivons sur Marseille, où le premier réflexe en passant sur la corniche Kennedy est de regarder la mer. Ouf, elle est calme ! Par contre, le temps est gris et la tempêterature est de –1°. Super, nous avons gagné quelques degrés… !!!

Chacun se prépare, et nous voilà déjà sur le zodiac de l’Atelier de la mer.

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Dès la sortie du port, nous nous rendons vite compte que le vent s’est levé et qu’il y a une légère houle. Nous prenons la direction de l’ile Maire. Il semble que le DP ai prévu que nous plongions sur le site de Farillons. Mais certains se plaignent d’y avoir déjà plongé la veille. Il peut nous emmener plus loin, mais nous aurons froid durant le trajet. C’est l’option qui est retenue. Quitte à être fous, soyons le jusqu’au bout. Nous continuons donc le trajet direction pointe Caramassaigne sur l’ile du Riou. En arrivant sur site, la mer est bien trop agitée, et nous bifurquons finalement sur l’ile Plane, sur le site abrité de la grotte à Marcel, euhhh, je veux dire la grotte à Pérez. Nous commençons à avoir vraiment froid. Nous filons bon train, quand soudain, au milieu de nulle part, le guindeau lâche, et la chaine se déchaine : Elle se déroule, rien ne semble vouloir l’arrêter, les secondes sont longues, y a-t-il un fond en dessous de nous ?? On stoppe le moteur, la bonne humeur qui régnait sur le bateau est soudain à l’image de la météo du jour : refroidie. « Met le pieds dessus » crie le capitaine. Ca s’arrête enfin, il faut remonter 70m de chaine… C’est un peu long, il fait froid…

Nous ne sommes pas mécontents d’arriver enfin sur le site de plongée. La mise à l’eau est rapide, et quel soulagement de se trouver dans une eau à 10/11°. Il fait presque bon … Daniel fait une plongée technique de son côté pour préparer son N4. Nous sommes donc une palanquée de trois N2, menée par notre super guide Vincent.

Tonton et moi n’avons pas plongé depuis 2012, aussi Vincent décide de ne pas dépasser les 30m. Et nous voilà partis. Nous descendons, tout d’abord sur 20m, puis les 30m sont vite là. La visibilité n’est pas exceptionnelle, car il n’y a pas de soleil, mais c’est tout de même bien agréable. Nous voyons plusieurs nudibranches (flabellines bleues, godives oranges). Notre guide à de bons yeux pour voir ces petites bêtes. Je vois des pontes de poulpe dans un trou, et les fais voir à mon binôme JP. Plus loin, dans une cavité, un congre partage le logis avec une belle et grosse murène. Notre plongée se poursuit jusqu’à la grotte à Perez. Elle est grande, mais nos lampes pas assez puissantes ne nous permettent pas d’éclairer suffisamment bien pour profiter de la splendeur du site : il y a des éponges et du corail rouge à profusion. A la sortie de la grotte, Tonton est à mi-pression, JP et moi commençons à avoir froid, il est donc temps de faire demi-tour. Sur le trajet, nous avons la très agréable surprise de pouvoir admirer un gorgonocéphale (habituellement, il faut descendre beaucoup plus profond pour en voir…), une belle rascasse et de très imposantes gorgones rouges. JP et moi palmons tranquillement le long du tombant quand soudain un banc de castagnoles arrivant d’en haut nous coupe la route. Nous nous arrêtons net pour leur céder le passage, c’est un spectacle tout simplement magnifique qu’elles nous offrent là. Durant notre palier à 3m, une minuscule ophiure se laisse porter par le courant. Je tends la main, elle s’accroche sur mon gant et elle s’y ballade. Je la fais voir aux autres plongeurs, puis la repose sur le tombant.

Arrivés en surface, Daniel est déjà sur le bateau. Nous sommes bien, l’eau est bonne. C’est en remontant sur le bateau à notre tour, que nous ressentons très vite le froid qui nous envahie. C’est les mains et les pieds qui s’engourdissent le plus vite. Le soleil fait une petite apparition, comme pour nous donner du courage. Nous rentrons au port. Le capitaine n’arrête pas de dire : « C’est bon ça !!!». Sa main gauche n’a pas de gant et elle colle à la barre du bateau. Nous nous serrons les uns contre les autres pour essayer de limiter le froid, mais ce n’est pas vraiment efficace. Pour se donner du courage, le capitaine se met a chanter à tue tête la chanson de l’ile aux enfants, ainsi que « Mimi cracra, l’eau elle aime ça ». Je l’accompagne… Décidément, les fous sont de sortie aujourd’hui, mais « C’est bon ça !!!».

Arrivés au club, il neigeote. Le capitaine est dans tous ses états : « Il neige, il neige… !! ». Une bonne douche chaude pour les hommes, tiède pour les femmes, suivie d’un bon restau en commun avec les autres plongeurs, les encadrants de l’Atelier de la mer et le capitaine du bateau sont très appréciés par tout le monde. Nous sommes bien au chaud et le repas est bon. Nous voyons que le vent se lève un peu plus, et l’idée même de ressortir pour rejoindre le club nous glace un peu… Allé, encore une dose de courage nous est nécessaire…

Après avoir renfilé nos combi mouillées (sauf JP le veinard !!!), nous revoilà sur le zodiac. Nous irons un peu moins loin, et dans un endroit abrité. Destination l’ile du Frioul. A l’approche de l’ile, le soleil s’est levé. Je ne connaissais pas ce côté sud de l’ile et le paysage est tout bonnement magnifique.

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Nous jetons l’encre au Cap Caveau. Nous y sommes à l’abri du vent et la mer est plate. Nous serons cet après-midi tous les cinq en autonomie, mais Daniel va s’exercer à être notre guide de palanquée.

A l’immersion, l’eau me semble un peu plus froide que le matin. Nous longeons le tombant main droite. La faune et la flore y sont là aussi riches, mais un peu moins que le matin : Une petite murène, un énorme bernard l’ermite transpostant une anémone sur sa coquille, des étoiles de mer glacières… Arrivés à la pointe du cap, nous faisons demi-tour pour une traversée en pleine eau afin de rejoindre une arche. Le fond sableux est tapis de débris de poteries. Certains tentent de faire un puzzle avec tous ces morceaux, d’autres examinent un objet concrétionné non identifié (bouteille de gaz pour certains, canons pour d’autres…). La palanquée a tendance à s’écarter un peu trop et notre apprenti guide nous rappelle à l’ordre… Nous arrivons de l’autre côté du cap, mais nous n’avons pas le temps d’aller jusqu’à l’arche, car la demi-heure de plongée est bientôt écoulée. Tant pis… Demi-tour vers le bateau. Un poulpe peu farouche trône devant l’entrée de son trou, nous prenons le temps de l’admirer. Un magnifique spirographe ondule sur le fond sableux. Nous arrivons à l’aplomb du bateau.

Le retour se fait dans le froid et sur une mer un peu plus houleuse, le soleil est là au départ de l’ile, mais des flocons nous accueillent au port… La température extérieure est de 2°. Et mon ordi m’indique que l’eau était à 9/10°.

Malgré ces températures hivernales, ce fut une journée magnifique, nous rentrons avec des souvenirs plein la tête, d’autant que la soirée se termine devant une pizza, histoire de  faire durer le plaisir, de se remémorer les bons moments de la journée et les fous rires sont au rendez-vous… Vivement la prochaine plongée …

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